Introduction
La tradition de la retraite de trois ans dans la forme telle que nous la pratiquons actuellement remonte au XIXe siècle au Tibet et fut développée par le grand maître Jamgön Kongtrül Lodrö Thayé. Les centres de retraite de trois ans eurent une grande importance pour garder vivante la tradition de la pratique. En particulier la lignée Shangpa fut dans son histoire transmise et pratiquée dans un contexte de retraite principalement et c’est pourquoi Kyabjé Kalou Rinpoché qui en était détenteur mit au coeur de son activité la fondation de centres de retraite de trois ans de part le monde.
Kalou Rinpoché écrit au sujet de la retraite de trois ans dans la Voie du Bouddha (Ed. Seuil) :
Au Tibet, il y avait de nombreux ermites qui avaient renoncé à toutes les activités ordinaires et qui méditaient dans des grottes, comme le fit Milarépa. Cette façon de pratiquer est merveilleuse, mais avec la dégénérescence, petit à petit la tradition érémitique a décliné. C’est alors que de grands lamas comme Jamgön Kongtrül Lodrö Thayé ont vu l’utilité d’offrir le cadre de pratique de la retraite de trois ans. C’est leur activité qui est à l’origine de cette tradition.(...)
Les occidentaux qui choisissent d’accomplir une telle retraite de trois ans le font par leur motivation car personne ne les y a incités ; il n’y a pas un roi, un président, ou des parents qui les y aient poussés ; cela part vraiment de leur aspiration personnelle, d’une excellente motivation intérieure. Au regard de l’impermanence, ce n’est jamais une erreur que de renoncer à quelque chose d’extérieur pour se consacrer pleinement et profondément à la pratique.
Une telle retraite est la meilleure façon de pratiquer le Dharma intensément pendant trois ans, sans souci mondain, et sans les distractions habituelles. Cette période offre les conditions les plus favorables pour que toutes les énergies du corps, de la parole et de l’esprit soient consacrées aux pratiques les plus importantes du Vajrayâna. Il est important que ceux d’entre vous qui envisagent de la faire s’y préparent très bien ; et si vous pouvez la faire, elle donnera un sens extraordinaire à votre vie humaine.
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Une retraite a pour but de favoriser l’absence de distractions, mais pour la pratique, l’essentiel dépend encore de soi, de son attitude intérieure ; entrer en retraite sans une motivation juste empêche de profiter véritablement des bienfaits de cette situation. Dans la retraite elle-même, sans énergie ni discipline, rien n’est accompli, il en est de même à l’extérieur, d’ailleurs. Sans motivation juste ni énergie, quand bien même irions-nous dans l’endroit le plus isolé au sommet d’une montagne vivre comme un animal sauvage, cela ne développerait que notre orgueil. Par contre, avec la motivation et la détermination juste, une retraite est la situation idéale pour pratiquer la méditation et progresser rapidement.
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Même si vous ne persévérez pas après la retraite dans un engagement complet dans le Dharma, trois ans auront quand même été consacrés à déployer toute votre énergie dans la pratique de ce qui est extrêmement positif et cela constitue déjà quelque chose d’extraordinaire.
La retraite de trois ans offre l’opportunité de bien connaître le Dharma et les pratiques du Vajrayâna ; sur cette base, il est ensuite possible de poursuivre une pratique en longues retraites solitaires et éventuellement d’atteindre l’état de bouddha en cette vie.
Pourquoi trois ans ?
La retraite proprement dite est appelée "lo soum tcho soum". "lo soum" veut dire trois ans, et "tcho soum" trois demi-lunaisons. C’est, selon le Kalachakra Tantra, le temps qu’il faut théoriquement dans la meilleure éventualité pour transformer les souffles ordinaires en souffles de sagesses. En d’autres termes, c’est dans l’hypothèse parfaite la période de temps nécessaire pour arriver à l’éveil.
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